Par la rédaction de Boubs.xyz – Bamako, 7 juillet 2025
Sous l’égide du Haut Conseil Islamique du Mali (HCIM), la communauté musulmane a célébré ce samedi 5 juillet 2025 la 2ᵉ édition du Nouvel An islamique (Mouharam 1447) au Centre International de Conférence de Bamako (CICB).
L’événement, marqué par une ferveur spirituelle et une unité rare entre guides religieux et acteurs sociaux, a été l’occasion pour le Chérif Ousmane Madani Haïdara, président du HCIM, de rendre un hommage appuyé à Me Mountaga Tall, initiateur de cette commémoration aujourd’hui adoptée par l’institution religieuse suprême du pays.
C’est dans une démarche à la fois spirituelle et citoyenne que Me Mountaga Tall, avocat et ancien ministre, avait proposé au Haut Conseil Islamique de faire du Nouvel An musulman un temps fort de la cohésion nationale et de la redécouverte du calendrier hégirien.
Une proposition qui, selon les témoignages recueillis, avait d’abord surpris plusieurs leaders religieux, avant d’emporter leur pleine adhésion.
« Ce jour-là, Me Mountaga Tall est venu nous proposer de valoriser la célébration du Nouvel An islamique, au lieu de se chamailler pour le 31 décembre. Au fond, il disait vrai », a reconnu le Chérif Ousmane Madani Haïdara devant un public ému.
Pour le guide spirituel, cette initiative traduit une compréhension éclairée du rôle de la foi dans la construction nationale, et une volonté de replacer les symboles de l’islam au cœur de la vie publique.
En associant le droit, la foi et la mémoire spirituelle, Me Mountaga Tall a ouvert un champ inédit de dialogue entre les institutions religieuses et les acteurs politiques du Mali.
Cette vision dépasse le cadre rituel : elle appelle à une réconciliation entre le temporel et le spirituel, à la redécouverte des valeurs de paix, de tolérance et de justice sur lesquelles repose la société malienne.
« L’idée de célébrer le Nouvel An musulman vient de Me Mountaga Tall. Désormais, le Haut Conseil Islamique du Mali la fera respecter », a insisté le Chérif Ousmane Madani Haïdara, promettant d’en faire un rendez-vous annuel officiel pour l’ensemble des fidèles.
Cette reconnaissance n’est pas seulement symbolique : elle illustre la capacité du leadership religieux à s’ouvrir aux propositions constructives issues du champ politique, dès lors qu’elles participent au renforcement des valeurs spirituelles et à la consolidation du vivre-ensemble.
La cérémonie, ouverte par une lecture coranique et marquée par les interventions de plusieurs associations islamiques (UJMA, LIMAMA, LIPMA, UNAFEM, IQUIMAL-DINE), s’est conclue par des prières de bénédictions pour le Mali et son peuple.
Les guides ont rappelé que l’année 1447 de l’Hégire s’annonce exigeante, invitant à la tolérance, la solidarité et la tempérance face aux épreuves.
Des gestes symboliques de charité — 45 F pour les hommes, 40 F pour les femmes, 20 F pour les enfants — ont été recommandés pour sceller la nouvelle année sous le signe du partage.
En initiant cette célébration, Me Mountaga Tall ne cherchait ni prestige politique ni reconnaissance médiatique, mais un acte de foi civique : rappeler que l’identité du Mali s’enracine autant dans la spiritualité que dans la responsabilité citoyenne.
Son initiative, désormais institutionnalisée, redonne sens au temps religieux et invite chaque Malien à célébrer le renouveau spirituel comme un acte d’unité nationale.
Cette convergence entre leadership religieux et engagement civique traduit une transformation silencieuse du paysage spirituel malien :
La religion retrouve sa place d’équilibre moral entre les tensions sociales.
Le droit et la foi dialoguent à nouveau pour reconstruire la confiance nationale.
Et le Mali, au-delà des crises, retrouve dans ses racines spirituelles une boussole collective.
En initiant cette dynamique, Me Mountaga Tall s’inscrit dans la lignée des bâtisseurs de conscience — ceux qui savent que le renouveau d’une nation commence toujours par une réforme des cœurs et des symboles.